• Trouble bipolaire : repérage et prise en charge initiale

    Le trouble bipolaire est une maladie psychiatrique chronique et récurrente d’évolution variable. Ce trouble débute souvent entre 15 et 25 ans. Il se caractérise par une alternance d'épisodes hypomaniaques ou maniaques et d'épisodes dépressifs légers, modérés ou sévères, avec des intervalles de rémission plus ou moins longs. Un repérage précoce et une prise en charge adaptée sont essentiels. Sans prise en charge appropriée, cette maladie engendre un risque élevé de suicide, de troubles psychiatriques et de désinsertion familiale et sociale. Explications du Dr Joëlle Favre-Bonté*, du service des bonnes pratiques professionnelles à la HAS.

    La HAS a réalisé une fiche mémo sur le repérage et la prise en charge initiale d’un trouble bipolaire. Quelles sont les spécificités de cette maladie ?

    La maladie touche le plus souvent l’adolescent ou le jeune adulte. Elle se caractérise par un trouble de l’humeur, qui, en dehors des périodes de rémissions, se traduit par une alternance d’épisodes maniaques ou hypomaniaques (exaltations de l’humeur, agitation psychomotrice) et d’épisodes dépressifs. Le risque suicidaire est majeur et l’avis d’un psychiatre est nécessaire.

    Quels sont les symptômes qui permettent d’établir le diagnostic d’un trouble bipolaire ?

    Face à un épisode maniaque ou hypomaniaque, le diagnostic est établi. L’épisode maniaque constitue une urgence psychiatrique qui nécessite une hospitalisation. Il se caractérise surtout par :
    • une élévation de l’humeur, une agitation psychomotrice, des idées de grandeur, des insomnies ;
    • des critères de durée – plus d’une semaine – et un retentissement fonctionnel majeur.
    En l’absence de ces épisodes, le diagnostic est complexe à établir. D’ailleurs, il s’écoule en moyenne dix ans entre le début de la maladie et l’instauration d’un traitement adapté.
    Devant un épisode dépressif on doit toujours rechercher des arguments en faveur d’un trouble bipolaire.

    Quelles sont les situations qui doivent faire penser à un trouble bipolaire ?

    Compte tenu des risques de suicide et de la souffrance que cette maladie engendre, il faut vérifier si elle ne se cache pas derrière certains comportements. Il faut donc s’attacher à la débusquer :
    • s’il existe certaines pathologies psychiatriques, comme les addictions, les troubles de conduite ou les troubles anxieux ;
    • s’il y a rupture avec le fonctionnement antérieur du patient (conduites à risque, passages à l’acte délictueux). Pour un adolescent, prises de substances psychoactives, fugue, transgressions, notamment sexuelles, repli sur soi, décrochage scolaire ;
    • face à une tentative de suicide ;
    • devant tout épisode dépressif d’un adolescent ou d’un jeune adulte.

    Que faire en cas de suspicion de trouble bipolaire ?

    L’évaluation du risque suicidaire est primordiale. En effet, au moins un patient sur deux fera une tentative de suicide. Et plus d’un patient sur dix non traité succombera par suicide (15 %). Il est donc indispensable d’évaluer le degré d’urgence des mesures à prendre pour protéger le patient.
    Dès qu’un trouble bipolaire est suspecté, le patient est adressé à un psychiatre afin que le diagnostic soit confirmé. Une collaboration étroite entre les professionnels de santé est essentielle afin d’établir un diagnostic précoce et de mettre en place une prise en charge thérapeutique adaptée (psychiatre et pédopsychiatre ; médecin traitant, pédiatre, personnel de santé au travail, personnel de santé scolaire, etc.).
    Le diagnostic est avant tout clinique. Plusieurs évaluations sont souvent nécessaires pour pouvoir l’établir. Pour le diagnostic, le caractère épisodique des troubles et la rupture avec le fonctionnement psychique antérieur sont deux notions importantes.

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  • Commentaires

    1
    Nicky
    Mardi 24 Novembre 2015 à 12:56

    Pas grand chose à rajouter après avoir lu cet article Flosoph sur le trouble bipolaire que je connais depuis pas mal d'années  déjà puisque moi aussi j'ai beaucoup lu d'articles sur ce sujet  bien avant d'avoir été diagnostiquée moi même puisque de mon côté  pour être diagnostiquée j'ai du attendre plus de 30 ans après les premiers signes chez moi mais il est vrai que pendant tout ce laps de temps j'ai eu un grand répit en menant une vie tout à fait normale tout en travaillant et élevant quasiment seule ma fille  et que je n'ai  vu aucun psychiatre de 1959 à 1994 et pris aucun traitement qui en 1959 avait été diagnostiqué lors de mon hospitalisation en service psychiatrique pour adolescentes à La Salpétrière dans Paris 13ème comme dépressive mélancolique ce qui est à peu près similaire à la bipolarité à cette époque, j'ai repris un traitement surtout scrupuleusement depuis 1998 ou j'ai rechuté bien pire qu'avant avec  hallucinations surtout visuelles, bouffées délirantes aigües et T.S. mais  parfois il m'arrive à me demander en prenant mes cachets, "A quoi cela sert, puisque j'ai été si bien  pendant plus de 30 ans sans rien" peut-être à m'empirer, parait il à me stabiliser ??? mais excuse moi de te le dire Flosoph toi que j'estime très fort par ton exemple je ne me sens pas encore stabilisée car souvent j'ai le moral en berne et j'envoie tout le monde se faire voir pas toujours très poliment surtout quand mon moral est en berne, ce qui est le cas depuis les attentats à Paris le 13 novembre, peut-être à tu vu certains de mes commentaires qui ne sont pas les mêmes qu'avant mais très agressifs je le reconnais, je crois bien que je partirai de ce monde toujours avec cette putain de bipolarité, la stabilisation pour moi n'existe pas Flosoph.

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