• Le jour où j'ai su !!!

    Le jour où j’ai su que j’étais bipolaire ça a été le plus beau jour de ma vie, tout est cohérent et je revois le fil de ma vie en moi pendant que le psy m’explique la maladie. «  On ne guérit pas de cette maladie mais avec un traitement on peut vivre avec », me dit-il. Le soir je suis euphorique je sais enfin quel est mon mal. J’ai envie de le dire à tout le monde et je poste ma maladie sur les réseaux sociaux. Je profite aussi pour révéler mes futures projets et ambitions car je suis en arrêt et je veux changer de vie.

     

    Le lendemain je suis l’homme le plus triste du monde, je suis seul dans le noir, j’écoute de vieux disques vinyles et passe par tous les stades. J’écoute la bande originale de Rocky, je me lève, je boxe, je combats. J’écoute la bande originale de Fame, je pars en sucette, je pleurs, je pleurs, je pleurs. Toute la journée je reste dans le noir et je pleurs. Savoir est bien, accepter est difficile. Il faut accepter, encaisser, comprendre et lutter.

     

    Le surlendemain ça y est je suis prêt à affronter tout cela, j’ai envie d’écrire. Je convoque aussi papa où pour la première fois de ma chienne de vie je lui dis qui je suis et ce que j’ai sur le cœur. Je ne le juge pas, je sais qu’être papa est difficile le suis moi-même deux fois. On parle d’Homme à Homme et ça c’est une première. J’ai répété le discours toute la nuit et je n’ai pas pu dormir. Il doit arriver à 13 heures et évidemment il est en retard et moi commence à me dire qu’il s’en fou. Je regarde toutes les 30 secondes par la fenêtre et il n’est pas là. Je tourne en rond et cela commence à m’énerver. Je commence à l’insulter de tous les noms d’oiseaux. A 13h30 je reçois un sms il arrive dans 15 minutes je recommence à me canaliser. Il arrive et commence à me parler de lui et de sa vie. Je sens qu’il veut éviter les sujets qui fâchent. Au bout d’un moment je n’en peux pu « tais toi papa, je dois te parler ».  Je ne sais pas s’il peut tout entendre, comprendre et accepter, mais moi, ça me fait du bien et cela fait parti de la guérison. En lui parlant je viens de reprendre mon destin en main et me sens léger, libéré d’un gros poids qui m’empoisonne depuis des années.

     

    Reprenons désormais le fil de ma vie à son début car là encore une fois je me disperse, je parle de tout de rien sans structure et passe du coq à l’âne. C’est normal car je ne prends aucun traitement et le fait d’écrire me met presque en transe. J’ai un sentiment de toute puissance et mes écrits arrivent tout seul. Je ne réfléchis pas, tout sort comme une évidence, les phrases se mêle et s’emmêlent. Par contre il va falloir éviter les chocs et contre chocs.

     

     

    Je suis donc né en octobre 1976 année de sécheresse. L’air est étouffant, ma mère souffre et sur les fenêtres on ne peut rien voir tellement la buée est présente. Il fait chaud très chaud. Là je brode car je ne sais pas à ce moment là si je vais pouvoir faire 200 pages sur ma vie, je n’ai que 37 ans. Je me demande aussi à cet instant précis à qui cela va t- il plaire ? Qui va s’intéresser à ce récit ? Comment va-t-il être perçu ?

     

    J’arrive tôt trop tôt je suis un petit bébé prématuré de sept mois et demi ce qui est déjà pas mal pour les années 70. Je pense que d’être en vie est déjà en soi un exploit. Je suis le tout premier de la famille, mes parents sont jeunes peut être même trop jeunes. Papa à 19 ans et maman à 17 ans. Je pense qu’ils m’on fait pour juste pouvoir vivre leur vie et que pour ma mère puisse s’émanciper. Triste réalité que celle-ci. J’aurai préféré venir plus tard et dans de meilleures conditions. Je ne suis pas sûr d’être le bébé de l’amour.

     

     

     A l’époque on ne  rigole pas avec cela et mon père épouse ma mère car ils ont pêché, je suis le fruit d’un pêché. Ca commence mal pour moi, je suis un pêché, un accident de parcours et de plus,  suis prématuré et pas fini. Il me manque quelques mois de cuisson qui peut être aurait bien changé des choses mais bon ça on n’en saura jamais rien. Ma destinée était de vivre.

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